Semer pour faire grandir

Eté deux-mille-dix. Ca fait un an que nous avons laissé la responsabilité pastorale de l’aumônerie des collèges et lycées dans de bonnes mains.

Un an que notre bien aimé curé nous a généreusement accordé pour souffler.

Mais voilà, on cherche quelqu’un pour reprendre les rênes du groupe Scouts et Guides de France. Et il se trouve qu’Yves et nous nous sommes pas mal croisés sur les chemins du scoutisme. Alors ça donne des idées quand on se retrouve…

 

C’est ainsi que nous nous asseyons un soir de la fin du mois d’août dans le local de Notre-Dame-de-Lourdes pour discuter avec quelques personnes de cette question.

On respire en constatant qu’Isabelle et Brigitte sont partantes pour poursuivre la prise en charge du secrétariat et de la trésorerie du groupe.
Le souffle est plus court lorsque nous découvrons qu’il y a, pour attaquer l’année, deux chefs prêts à redémarrer.

 

Nous soumettons notre accord à une petite réorganisation. Nous avons en effet appris que le

groupe était rattaché au Territoire du Val d’Oise. Selon nous, en tant que Mouvement avec L’Eglise, le groupe doit faire sa route avec d’autre groupes du diocèse auquel appartiennent les paroisses et communes dont il accueille les jeunes.
Yves y met du sien, petite flamme d’enthousiasme dans les yeux,  en nous disant qu’il sera aumônier du groupe si nous y allons.

 

Banco ! Pas de temps à perdre. Il faut être prêts (toujours !) pour le forum des associations.

L’équipe des chefs s’étoffe un peu avec des amis, des jeunes de la paroisse, certains avec un parcours scout et d’autres non. On va pouvoir faire vivre une « peuplade » (groupe des louveteaux et jeannettes entre huit et onze ans), une « tribu » (groupe des scouts et guides entre onze et quatorze ans) et, tant bien que mal, une « caravane » (groupe des pionniers et caravelles entre quatorze et dix-sept ans) en jumelage avec le groupe de Jouy-le-Moutier.

 

Cinq ans après, nous avons envie de partager avec vous quelques bonheurs et quelques

convictions.

 

Notre première réflexion porte sur le caractère « missionnaire », évangélisateur de la

proposition scoute. Au catéchisme et à l’aumônerie, on vient pour entendre parler de Dieu, du Christ et de son Evangile, puis on va essayer de comprendre en quoi cela concerne notre vie, et on va essayer de le rendre concret dans nos rencontres et nos projets.

Chez les scouts, on vient pour vivre des choses, puis on va découvrir la présence de Dieu et comment l’Evangile éclaire ce que nous vivons. Cela se complète admirablement !

 

Catholiques et ouverts à tous. Catholiques, donc ouverts à tous, disent certains. Ouvert à tous, le groupe accueille beaucoup de jeunes chrétiens qui fréquentent le catéchisme et l’aumônerie, que ce soit dans la paroisse ou dans leurs écoles, mais il accueille aussi beaucoup de jeunes d’autres religions ou de familles qui n’ont pas rencontré Dieu. Les équipes de chefs et cheftaines elles-mêmes sont riches de cette diversité. Catholiques et ouverts à tous, non pas en disant « Oui, c’est vrai, nous sommes catholiques, mais c’est une annexe facultative. » mais « Oui, c‘est notre ADN et si votre enfant vient chez nous, vous acceptez avec lui qu’il entende parler de Jésus, et vous prenez même le risque qu’il prenne goût à l’Evangile. ». Et ce que nous avons pu constater, c’est que plus on est clair là-dessus, plus on accueille, plus on est ouvert !

 

Après, il faut labourer et semer. L’éducateur scout trace des sillons, pas toujours très droits

peut-être, et jette les graines d’Evangile, les semences d’amour, de responsabilité, de liberté, de fraternité. Ces sillons, ce sont les jeux, les projets et les camps. Pour engrais, la vie des équipes, les conseils, les promesses et les engagements… Et on sème au travers des temps « spi », des temps de prière, des relectures et des célébrations.

 

La terre est parfois aride et la récolte n’est pas toujours immédiate. Chaque jeune arrive avec

son histoire, son éducation familiale et sa culture. Chaque jeune a sa personnalité. Chaque jeune grandit à sa façon. Le chef ne moissonne pas : il entretient et surveille la croissance.

 

Les responsables de groupe, quant à eux, font un peu la même chose avec les jeunes adultes

qu’ils animent. Bien sûr, avec leurs équipes, ils organisent, ils structurent, ils coordonnent. Ils se réjouissent avec les chefs quand le groupe grandit, quand les projets réussissent, quand les jeunes reviennent de week-end ou de camp avec de larges sourires. Mais les responsables de groupe sont aussi des entraîneurs, des « coachs », qui soutiennent les chefs dans leurs rôles et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et les aident à approfondir le sens de leur engagement. Tous les chefs vous le diront : tout autant que les jeunes qu’ils animent, ils grandissent, ils croissent en compétence et en humanité. « Vous avez changé nos vies ! » avons-nous entendu. Les chefs reçoivent au moins autant qu’ils donnent.

 

Et nous, pendant ces cinq années, nous avons reçu plus que nous avons donné.

Le groupe comptera cette année deux peuplades, deux tribus, deux caravanes et trois équipes

compagnons. Nous sommes aujourd’hui heureux d’avoir passé le relais à une équipe dynamique et structurée avec qui nous avons vécu une partie de cette aventure. A eux maintenant de vous en raconter la suite.

 

Marie-Noëlle et Benoît MOUREZ, responsable de groupe de septembre 2010 à août 2015

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